Plan départemental de maîtrise du sanglier

 
 

Pourquoi un plan départemental de maîtrise du sanglier (PDMS) dans le département de l'Essonne ?

Dans le département de l'Essonne existent des zones qui abritent une forte population de sangliers.

Ces animaux sont responsables de :

  • collisions routières,
  • dégâts agricoles,
  • dégâts forestiers,
  • dégâts aux équipements publics,
  • dégâts dans les propriétés privées,
  • troubles aux personnes.

Bien que le sanglier soit classé comme espèce nuisible, les règles de chasse qui s'appliquent ne permettent pas de prélever un nombre suffisant d'animaux qui possède une forte capacité de reproduction.

De ce fait la DDT, en partenariat avec :

  • l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (O.N.C.F.S.),
  • la Fédération inter-départementale des chasseurs d'Ile de France (F.I.C.I.F.),
  • les lieutenants de louveterie,
  • le Conseil départemental de l'Essonne,
  • l'Agence des espaces verts (A.E.V.),
  • le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS),
  • l'Office national des forêts (O.N.F.),

a élaboré un plan départemental de maîtrise du sanglier (PDMS) qui constitue une déclinaison du Plan national de maitrise du sanglier (PNMS) mis en place en 2009 par le ministre en charge de la chasse.

Ce plan prévoit notamment :

  • l'établissement d'un plan de gestion départemental du sanglier,
  • l'augmentation des prélèvements en été,
  • la mise en œuvre d'un suivi hivernal des zones dans lesquelles les sangliers sont responsables de dommages,
  • la généralisation des opérations de "décantonnement",
  • le renforcement des missions de contrôle de l'agrainage.

Afin de mesurer l'efficacité de ces mesures, deux indicateurs sont exploités :

  • le niveau des prélèvements et sa répartition dans l'espace,
  • les surfaces de dégâts agricoles par type de culture et leur répartition dans l'espace,

1. Généralités

L'espace naturel représente 71 % (129 000 ha) de la superficie totale du département de l'Essonne. Il est composé  de 69 % (89 000 ha) de surface agricole utile (SAU) pour 21 % (40 000 ha) de territoire boisé.
Cette particularité influe directement sur les problématiques engendrées par le sanglier et sur les réponses à y apporter. L'importance des populations de sangliers concerne également les zones péri-urbaines voire urbaines où elles créent des dégâts dans les parcs et jardins.

2. Dégâts et troubles causés par les sangliers

Collisions routières

En Essonne, l'abondance de sangliers pose des problèmes importants de sécurité sur certaines routes.

Dégâts agricoles

Des départements de l'Ouest francilien où la FICIF représente les intérêts des chasseurs, l'Essonne est celui où les surfaces de dégâts aux cultures sont les plus faibles, avec environ 160 hectares de dégâts par an soit un budget d'environ 200 000 €.

Le montant des indemnisations est attribué pour 2/3 aux dégâts occasionnés par les sangliers et 1/3 par les cervidés.

Dans l'Essonne, l'essentiel des dégâts concerne le maïs grain et le blé tendre, mais d'autres dégâts sont également enregistrés sur :

  • le blé dur d'hiver,
  • les orges de printemps et d'hiver,
  • le seigle,
  • les betteraves fourragère et sucrière,
  • le colza d'hiver,
  • les pois protéagineux.

Troubles aux personnes et dégâts et troubles aux équipements publics et propriétés privées

À certaines époques de l'année, notamment l'été, le sanglier endommage régulièrement des espaces sportifs, des pelouses, des bases de loisirs, des golfs, allant jusqu'à pénétrer dans les jardins privatifs en lisière des bois et forêts.

Les particuliers et les collectivités font régulièrement état de doléances auprès de l'administration. En milieu péri-urbain, la DDT apporte une réponse ponctuelle en éliminant ou repoussant les animaux en forêt, par le biais d'autorisations préfectorales.

3. Dispositions réglementaires

Chasse

Dans le département, il n'existe pas de plan de chasse au sanglier mais un plan de gestion cynégétique fixé par arrêté préfectoral.

Afin de faciliter la régulation de l'espèce, la chasse au sanglier est autorisée dès le 1er juin et ce jusqu'à la fermeture générale. En fonction des zones, elle peut être pratiquée en battue ou à l'affut - approche. Ces opérations estivales ont pour principal objectif de repousser en forêt les sangliers qui commettent des dégâts agricoles.

Les modalités de tir et horaires s'appliquent à l'ensemble du département, excepté dans le massif de Sénart . Ce massif, du fait de son classement en forêt de protection, est concerné par une limitation des jours de chasse. En effet, compte tenu de la très grande fréquentation par le public de ce massif situé à 30 km de Paris et de son enclavement dans le tissu urbain, la chasse n'y est autorisée que le jeudi.

Parcs et enclos de chasse

Quatre parcs clos sont recensés dans le département : Courances (300ha), Saint-Chéron (100 ha), Lisses (80 ha) et Marcoussis (35 ha). La chasse dans ces parcs est pratiquée uniquement pendant l'ouverture générale, excepté à Saint-Chéron, seul parc considéré comme enclos (au terme de la loi) où la chasse y est autorisée toute l'année.
 
Il n'y pas de réserve de chasse approuvée à l'exception des réserves des deux associations communales de chasse agréée (ACCA) présentes dans le département.

Destruction

Le sanglier est classé nuisible dans l'ensemble du département.
La destruction à tir est assurée généralement par les lieutenants de louveterie car elle implique des mesures de sécurité renforcées, notamment en milieu péri-urbain.

Interventions administratives

Les interventions administratives concernent essentiellement les cas suivants :

  • sites, pas ou insuffisamment chassés, après constat par l'administration et la FICIF,
  • dégâts de sangliers sur cultures sensibles (notamment au moment des semis),
  • opérations d'effarouchement pour déloger les animaux qui seront chassés ultérieurement,
  • sites posant des problèmes de sécurité pour la chasse,
  • dégâts de sangliers aux stades, pelouses, bases de loisirs, golfs,
  • intrusion de sangliers dans les jardins ou propriétés privées closes.

4. Prélèvements

Depuis quelques années, les prélèvements annuels de sangliers sont de l'ordre de 2000 animaux par an.

5. "Points noirs"

Les " points noirs " correspondent à des zones dans lesquelles des accidents de la route et /ou des dégâts agricoles (coût pour la FICIF) et /ou des dégradations aux biens publics ou privés sont importants et sont sous surveillance en vue de leur diminution.

Pistes et proposition d'actions

Le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique (S.D.G.C) approuvé le 25 avril 2016 comporte un certain nombre d'actions qui visent spécifiquement ce problème :

  • un suivi périodique des prélèvements par unité de gestion (UG = partie du département constituée d'une dizaine de communes en moyenne dont les caractéristiques cynégétiques sont homogènes), est mis en place par la FICIF,
  • un dispositif de marquage spécifique (pose de bracelets obligatoire sur chaque sanglier prélevé) a été instauré par la  FICIF,
  • le retour des cartons de tirs des chasseurs à la fédération, est obligatoire sous 48 heures,
  • un agrainage linéaire de dissuasion pour le grand gibier est autorisé sur déclaration préalable, en dehors de la période hivernale.
  • compte-tenu de l'interdépartementalité de certaines U.G, il est prévu une coordination avec le département des Yvelines afin de mettre en place une politique de prélèvements homogène et donc plus efficace.

Pour ce qui concerne la zone péri-urbaine du département, il est envisagé des actions en adéquation avec la spécificité de ce territoire :

  • continuer l'effort de prélèvement des populations dans certains massifs forestiers (Sénart, La Grange, etc...) qui jouxtent des zones urbanisées,
  • sensibiliser les collectivités locales à la capacité d'adaptation de l'espèce, afin que notamment par des opérations d'entretien, ne se créent pas des refuges pour les animaux dans les bois communaux et espaces publics,
  • sécuriser les opérations administratives de destruction en associant un réseau constitué des forces de l'ordre et du service départemental d'incendie et de secours (S.D.I.S),
  • augmenter la réactivité des acteurs, face à un problème ponctuel.